La marelle de la vie
De la terre au ciel, il y a huit cases : les règles sont strictes, et les épreuves immuables; il faut savoir viser, bien se garder de marcher sur les lignes, garder son équilibre, ne pas tomber; être capable de savoir repartir de zéro en cas d'échec. C'est la marelle, case, "hopscotch ou "deadbox" en anglais. Les jeunes boliviens l'appellent la "Thunkuna". Ils préfèrent y inscrire les jours de la semaine plutôt que les chiffres. C'est la marelle de la vie : de la terre au ciel, il y a huit cases plus une : la prison de l'enfer, celle qui sert d'antichambre éventuelle au paradis, comme si la chute originelle ne suffisait pas, comme s'il fallait rappeler en permanence le prix à payer pour oser imaginer croquer les fruits du jardin d'Eden... Il n'y a pas de purgatoire au vert paradis des souvenirs d'enfance. Les choses sont blanches ou noires comme les traits de craie de marelle sur le goudron des trottoirs...
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